Permanent seminar « Innovation », 12 May 2017

« Responsable Innovation »

12 May 2017, Montpellier SupAgro

Co-organized by MRM-Innovation et Management responsable, UMR Innovation, UMR MOISA, Labex Entreprendre, Research Network on Innovation

Au croisement entre innovation et  responsabilité, la notion d’innovation responsable, récente, suscite néanmoins un engouement croissant. Si plusieurs pays, tels que les Pays-Bas et les USA  se sont déjà bien engagés dans les réflexions (Ambassade de France au Royaume uni, 2011)(1), le concept n’a été intégré en France que plus tardivement. Les travaux se  développent actuellement à trois niveaux.

D’une part, à partir des travaux de la DG Recherche de la commission européenne, qui visent, depuis 2001, à rapprocher la science et l’innovation  de la société, des citoyens européens, dans une approche davantage participative. Depuis 2010, le concept de « recherche et innovation responsable » (RRI en anglais) est développé pour répondre à cette ambition. Il implique une plus grande participation de l’ensemble de la société dans l’ensemble du processus de recherche et d’innovation. Von Schomberg,  (2011)(2) en a ainsi donné une première définition : “Responsible Research and Innovation is a transparent, interactive process by which societal actors and innovators become mutually responsive to each other with a view to the (ethical) acceptability, sustainability and societal desirability of the innovation process and its marketable products( in order to allow a proper embedding of scientific and technological advances in our society”). Une seconde définition plus portée par l’institutionnalisme méthodologique définit la responsabilité comme étant le devoir de rendre des comptes sur ses actes et d’en assumer les conséquences. Appréhender la responsabilité sociale et environnementale d’une entreprise revient à questionner son périmètre méso-économique (périmètre délimitant les acteurs internes à l’entreprise), son interface (périmètre délimitant les acteurs externes qui sont en interaction avec elle) et sa capacité d’action (l’ensemble des modalités d’interaction des acteurs internes vis à vis des acteurs externes, dont les modalités de choix des acteurs en position décisionnaire (Chanteau, Labrousse, 2013).

Cette notion fait également l’objet d’une question transversale dans le programme Horizon 2020,

Le concept d’innovation responsable se développe ainsi au sein des organisations dans différentes disciplines. Selon  Pavie (2012), il trouverait son origine dans les travaux de Hans Jonas (1979) sur la responsabilité à l’âge technologique, davantage même que la notion de responsabilité sociétale ou le développement durable. Ainsi, pour Pavie (2012, p. XVIII), l’innovation responsable « recouvre la capacité d’un individu, d’une association, d’un organisme, d’une institution, mais essentiellement d’une entreprise à innover en prenant en compte l’ensemble des impacts de son innovation »(3). La notion renvoie aux trois types d’impacts classiques définis par le développement durable, les trois « piliers », mais aussi à la responsabilité de l’innovateur vis-à-vis de ces impacts. Ce n’est donc pas seulement la finalité de l’innovation qui importe, comme dans le concept d’innovation sociale par exemple, mais l’impact effectif.

Ces trois aspects, macro, méso et micro, posent une série de questions qui seront débattues au cours du séminaire. Comment prendre en compte les intérêts des parties prenantes au cours du processus d’innovation, en matière de recherche comme au sein des organisations ? Comment les identifier ? Comment évaluer ex-ante les impacts des innovations envisagées ? Comment arbitrer entre les différentes dimensions du développement durable, sociale, environnementale, économique, entre les différentes parties prenantes aux attentes contradictoires ? Comment mieux intégrer les parties prenantes et leurs attentes au processus d’innovation ? Au-delà des finalités de l’innovation,  on retrouve ici un certain nombre d’interrogations qui ont été posées et  qui restent pour partie encore posées en matière de développement durable et de RSE, associées à des questions concernant les modalités de mise en œuvre du processus d’innovation, telle que l’approche participative, par exemple.

 

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